Design et Histoires

Le blog de Jocelyne Leboeuf

Entrées du janvier 2011

26 janvier 2011    Archives histoire du design

L’Architecte et l’Entreprise – Nantes – 1953 (2)

Documentation photographique et commentaires du catalogue, en complément de l’article précédent, catalogue du Congrès National de l’Association Provinciale des Architectes Français, Nantes, 1953.

IMG_8026

Illustration pour les établissements Paquet Fontaine, entreprise parisienne (serrurerie, charpente, menuiserie métallique, ferronnerie d’art). Réalisation des menuiseries métalliques des Grands Magasins DECRE.

IMG_8028Illustration pour l’entreprise nantaise Gendre.

IMG_8031

Illustration pour l’entreprise Bidoilleau Frères (Nantes), spécialisée en menuiserie et ébénisterie.

IMG_8032Illustration pour les Ateliers de Tabago (Maison Mottais Frères, Saint-Nicolas-de-Redon), meubles et travaux de menuiserie d’art. Réalisation des escaliers des Grands Magasins DECRÉ.

IMG_8033Illustration pour l’entreprise Goulet (Nantes), décoration et ameublement de luxe.

IMG_8034Illustration pour l’entreprise Loison (Bordeaux), travaux du bâtiment, installations de magasins et appartements. Travaux pour la Banque Régionale Bretagne Atlantique.

[Read more →]

[ Lire → ]

Tags: Archives histoire du design

16 janvier 2011    Archives histoire du design   Points de vue

L’Architecte et l’Entreprise – Nantes – 1953 (1)

Le catalogue (1) édité à l’occasion du  Congrès National de l’Association Provinciale des Architectes français qui eut lieu à Nantes en 1953 est un bel hommage à toutes les entreprises mobilisées pour la Reconstruction :

Et dans toutes ces diverses phases l’entreprise est aux côtés de l’Architecte, le seconde, ou même parfois le devance.

Dans cette oeuvre commune des liens se créent : l’estime d’abord, la camaraderie de travail ensuite, parfois l’amitié.

L’un talonné par les circonstances et par l’immense impatience de cette population qui veut reprendre possession de sa Ville, exige beaucoup ; l’autre s’efforce de réaliser cette acrobatie de réunir en un même lieu, au moment où il le faut, le matériau et la main d’oeuvre qui réaliseront ce qui est passé de l’esprit sur le papier, et qui doit passer du papier à la matière ordonnancée et efficace.

A l’heure où nous recevons nos confrères de France qui, pour beaucoup, ont passé par les mêmes épreuves et par les mêmes expériences, nous tenons à rendre hommage à tous ceux de l’Entreprise qui, gens du Bâtiment, ont servi à nos côtés dans l’oeuvre commune de renaissance, dans le sens le plus vrai et le plus profond.

Couverture du catalogue - Congrès National de l'Association Provinciale des Architectes Français - 1953

C’est à la Fédération Nationale du Bâtiment à Paris que s’ouvrait, le 14 septembre 1953, le Congrès International d’Esthétique industrielle organisé par Jacques Viénot et les membres de l’Institut d’Esthétique Industrielle fondé en 1951. Les entreprises, à travers les questions liées à l’énergie, au transport, à la construction, à l’usine, au bureau, à l’habitation… étaient là aussi mises à l’honneur. Il faut reconstruire, il faut produire rapidement, efficacement, le travail collectif est valorisé. Mais alors que les thèmes du Congrès de Paris sont une profession de foi pour l’Esthétique industrielle devant permettre d’améliorer la qualité des produits pour le bien-être de tous et de favoriser l’économie, on ne trouve pas de discours sur l’architecture dans le catalogue du Congrès de Nantes. L’architecte est en retrait par rapport aux métiers du bâtiment et aux prouesses réalisées par les entreprises. On est véritablement au coeur du chantier avec l’urgence de donner un toit à ceux qui n’en ont plus.

Ce contexte de la Reconstruction nous ramène à la figure centrale de la grande entreprise industrielle autour de laquelle s’organisent les enjeux économiques et sociaux des Trente Glorieuses. Beaucoup de choses ont été écrites par les historiens, les sociologues, les économistes… sur le démembrement de la firme industrielle par le capitalisme contemporain et « la prise de pouvoir de la bourse dans le management des entreprises » dans les années 1980 (2). Peut-on parler actuellement de « retour en grâce de l’entreprise », comme il est écrit dans l’éditorial du Monde du 6 janvier 2011 ? La crise économique actuelle remettrait-elle en cause « la thèse selon laquelle le basculement d’une économie basée sur l’industrie vers une économie de services était inéluctable (…) ? La perte de 50 000 emplois en France en quinze ans d’après les chiffres donnés dans cet éditorial, peut-elle être « compensée par la croissance de services » ? Face aux dégâts d’un « capitalisme financier effréné », dans un autre article du Monde (3), Edgar Morin parle du « désespérant probable » et de l’ »improbable porteur d’espoir » et renvoie à l’énergie des grandes figures et des peuples au moment du désastre de la dernière Guerre mondiale, terminant avec ce proverbe turc : « Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra ».

Les images qui suivent témoignent d’autres espoirs en d’autres temps.

[Read more →]

[ Lire → ]

Tags: Archives histoire du design · Points de vue

1 janvier 2011    Notes de lecture   Points de vue

Conception Création Théories

Le colloque de Cerisy, « Les Nouveaux régimes de la conception, langages, théories, métiers » (2004), témoignait d’un renouveau des recherches sur les activités de conception depuis le milieu des années 1970.

Les contributions à ce colloque ont été réunies dans un ouvrage(1) qui permet :

-  de confronter différentes visions attachées aux métiers de la conception (regroupant ingénieurs, designers, architectes…), sous l’angle de diverses disciplines et dans leur épaisseur historique

- mais aussi de proposer une réflexion ouverte sur les défis du monde à venir

Dans leur introduction, Armand Hatchuel et Benoit Weil font remarquer que l’activité de conception reste peu « étudiée » et « réfléchie » et est souvent masquée par une approche privilégiant « les angles du savoir technique, du génie inventif ou du talent artistique » :

L’expertise technique évoque une démarche banale d’accumulation des connaissances. Le génie inventif paraît résolument rétif à l’analyse ou tout au plus l’enfant d’un hasard heureux. Quant au talent artistique, il semble tout inscrit dans les singularités individuelles ou ne laisser de place qu’à une critique des œuvres déjà faites. Bref, le travail de conception disparaît derrière les catégories trop commodes et faussement claires de la technique (serait-elle scientifique), de l’invention et de l’art, alors même que toute technique n’est que le résultat d’une “conception préalable” ; et que ce que nous nommons invention et art constituent en réalité des formes extrêmes de l’activité conceptrice (…) L’activité de conception n’est ni la recherche ordonnée de la vérité, ni le jaillissement de pulsions créatrices. Concevoir, c’est engager un “processus volontaire et sélectif de création”. Dès lors, le concepteur sait qu’il doit penser l’inconnu qu’il a lui-même provoqué. Il doit inclure, en toute raison, l’avènement du nouveau dans sa démarche.

Les réflexions qui suivent questionnent uniquement certains points de vue développés par Armand Hatchuel et Benoît Weil concernant les rapports de l’art avec la notion de conception et ne prétendent donc pas commenter l’ensemble de leur travail érudit en théorie de la conception.

[Read more →]

[ Lire → ]

Tags: Notes de lecture · Points de vue