Design et Histoires

Le blog de Jocelyne Leboeuf

Entrées du juin 2011

26 juin 2011    Design(s)

De l’objet icône au design thinking

La diffusion médiatique du design restreint toujours cette activité professionnelle à la création d’ un univers d’objets pour les magazines de décoration. Il y a certes une grande richesse de création dans ces domaines, hérités des arts appliqués. La séduction des images et des mises en scène, la participation à des manifestions culturelles et la valorisation du  créateur, font rêver les jeunes designers qui veulent se faire reconnaître et consacrer pour leur talent. L’exposition « Les Usines de rêves »  (5 avril 2011-12 février 2012), organisée à l’occasion du 50ème anniversaire du Salon du Meuble de Milan, témoigne de ce design  qui a fait la réputation d’Alessi (1). Le design est cette « discipline artistique et poétique », qui n’ »hésite pas à casser les codes »  (2) et conjugue l’innovation, la recherche créative avec la production industrielle et les recherches technologiques les plus avancées. Le style reste la référence dominante.

Mais le design ne s’applique pas qu’à des objets… (3)

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Tags: Design(s)

19 juin 2011    Design(s)/Histoire(s)

Design industriel et économie des moyens

Dans son allocution (1) au Congrès d’Esthétique industrielle en 1953 à Paris, Georges Combet, Président de Gaz de France, cerne un certain nombre de caractéristiques et interrogations relatives, selon lui, à l’Esthétique industrielle :

- « le goût de la chose bien faite » qui n’appartient plus à l’artisan mais est « l’affaire des chefs du bureau d’études, du laboratoire de recherches, du bureau d’organisation du travail

- le nouveau rôle du styliste industriel (2) qui « n’est plus une sorte de super-artisan (…) mais « travaille aujourd’hui en équipe et collabore avec des ingénieurs, formés à d’autres disciplines »

- la malléabilité des matériaux modernes qui contrairement aux matériaux traditionnels offrent une liberté « exaltante, mais dangereuse ».

Citant la phrase de Mallarmé « l’oeuvre d’art abolit le hasard » il défend un principe ordonnateur indispensable, « l’économie des moyens »(3), se référant à l’économie comme loi de la civilisation industrielle.

Mais dit-il « ce n’est pas seulement une conception de nos modernes technocrates (…) ». L’obtention du meilleur résultat avec de moindres moyens serait une règle universelle et s’appliquerait depuis la nuit des temps « à tous les arts mécaniques et libéraux, l’art du peintre comme l’art du terrassier, l’art du poète comme l’art du constructeur d’avions ».

Cette idée de règle universelle  montre, dans cette deuxième moitié du XXe siècle, la persistance du cadre conceptuel, scientifique et philosophique, dans lequel le design industriel s’est développé au XIXe siècle. La recherche de lois déterminées a marqué en effet aussi bien les recherches en biologie (évolution des espèces), psychologie (béhaviorisme), histoire (matérialisme historique), philosophie (positivisme), organisation du travail (taylorisme). La précision des machines fascine. Elle a contribué à promouvoir la géométrie comme la discipline la mieux à même d’exprimer la beauté et l’harmonie universelle, rendant le décor superflu (développements dans les arts de la première moitié du XXe siècle).

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Tags: Design(s)/Histoire(s)