Design et Histoires

Le blog de Jocelyne Leboeuf

Entrées du juillet 2014

25 juillet 2014    Design(s)/Histoire(s)

En hommage à Jacques Inguenaud

J’ai eu la chance de faire la connaissance de Jacques Inguenaud il y a quelques années et de recueillir son témoignage de designer industriel. Ayant mené des recherches sur la période de l’Esthétique industrielle et en particulier sur le premier Cours Supérieur d’Esthétique Industrielle créé par Jacques Viénot, j’avais demandé à Jacques qui avait fait partie des premiers étudiants de Viénot s’il accepterait de répondre à quelques questions. Il avait accepté avec beaucoup de gentillesse cet exercice de mémoire, objet d’une correspondance écrite en novembre 2011.

Jacques Inguenaud, créateur d’E.N.F.I. (Esthétique Nouvelle de le Forme Industrielle) en 1961, nous retrace à travers cet entretien l’aventure d’un enseignement  novateur, à l’origine des écoles de design.

Il y exprime ces valeurs attachées au travail collectif  qui ont été la marque de sa carrière.

Lors de nos entretiens, j’avais pu constater à quel point il était toujours aussi enthousiaste pour ce métier, défendu avec passion et générosité.

Je remercie sa compagne, Catherine Hardouin, de m’avoir autorisée à publier ces échanges.

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Tags: Design(s)/Histoire(s)

23 juillet 2014    Design(s)

Mutations urbaines, « Arts de faire »

Michel de Certeau parlait de « l’oeil totalisant » pour qualifier l’utopie de visibilité globale, cohérente, maîtrisée, à laquelle renvoient les premières représentations de villes en perspective. Au Moyen-Age et à la Renaissance, les peintres inventèrent le « survol de la ville » par « un oeil qui pourtant n’avait encore jamais existé » (1) :

L’atopie-utopie du savoir optique porte depuis longtemps le projet de surmonter et d’articuler les contradictions nées du rassemblement urbain. Il s’agit de gérer un accroissement de la collection ou accumulation urbaine.

« L’oeil totalisant » de la représentation renvoie au mythe de la ville théorique rationnelle, portée par les projets urbanistiques de la modernité, mais

Le dieu voyeur que crée cette fiction (…) doit s’excepter de l’obscur entrelacs des conduites journalières et s’en faire l’étranger. C’est « en bas » au contraire (down), à partir des seuils où cesse la visibilité, que vivent les pratiquants ordinaires de la ville. Forme élémentaire de cette expérience, ils sont des marcheurs, Wandersmänner, dont le corps obéit aux pleins et aux déliés d’un « texte » urbain qu’ils écrivent sans pouvoir le lire.

Et ce qui intéresse en effet Michel de Certeau, c’est justement tout ce qui d’une certaine manière, échappe à « l’espace « géométrique » ou « géographique » des constructions visuelles, panoptiques ou théoriques ». Il s’agit de sortir de « la ville planifiée et lisible », discours utopique qui repose sur l’idée de la possibilité « d’une triple opération : production d’un espace propre, substitution d’un non temps, création d’un sujet universel et anonyme qui est la ville elle-même ».

Il n’était pas encore question de « ville intelligente », mais la réflexion de Michel de certeau reste fructueuse pour penser les formes de projet désignés par cette nouvelle expression.

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