Design et Histoires

Le blog de Jocelyne Leboeuf

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21 juillet 2011    Art(s)/Histoire(s)

De l’idée à la forme, exposition Porza, Musée Galliera, 1939

« Le Libre signe » de Porza

En mars-avril 1939 se tenait au musée Galliera à Paris la dernière exposition de l’association Porza en France.  Fondée au début des années vingt dans la commune de Porza (district de Lugano en Suisse) par le peintre allemand Werner-Alvo von Alvensleben, le sculpteur suisse Mario Bernasconi et le peintre russe Arthur Bryks, cette association avait pour vocation de promouvoir les échanges artistiques et intellectuels au niveau international. Une branche française avait été créée par Jacques Viénot, un des fondateurs du mouvement de l’Esthétique industrielle en France et proche de l’Union des Artistes Modernes (UAM). Sur les 69 créateurs exposés à Galliera, beaucoup étaient effectivement des membres de l’UAM, tels Le Corbusier, Pierre Jeanneret, Robert Mallet-Stevens, les frères Martel, Pierre Chareau, Auguste Perret, Albert Gleizes et bien d’autres… mais pas tous. Les objets et projets d’architectures, dessins, photographies, peintures et sculptures y étaient présentés, ainsi que le souhaitait Jacques Viénot sans ligne directrice d’école :

On chercherait donc vainement parmi les artistes qui participent à l’exposition Porza, une communauté d’idéologie artistique. Est-ce à dire que le public doive y perdre ? Je crois, bien au contraire, que la diversité des tendances démontre par elle-même la vitalité du sens plastique et de l’esprit inventif qui anime les artistes contemporains. (Préface du catalogue, Jacques Viénot, président de l’Association Porza, 1939).

Le catalogue avec des illustrations de Raoul Dufy, Albert Gleizes, Jean Lurçat, Henri Navarre, Jacques Villon et Henry de Waroquier donne peu d’indications, hormis une liste de noms, des adresses et quelquefois un petit commentaire de personnalités de la critique d’art comme Raymond Cogniat, Louis Cheronnet ou Bernard Champigneulle. Devait-on faire disparaître toute trace d’une exposition organisée à la veille de la guerre  par une association à vocation internationale ? Le catalogue retrouvé dans des archives familiales m’avait conduit au musée Galliera mais le service documentation de la bibliothèque du musée m’avait alors affirmé qu’il n’y avait aucune mention de cette exposition dans leurs archives :

Seules les expositions sur la reliure anglaise et la marionnette sont répertoriées pour l’année 1939. (courrier du service documentation du musée, 27 octobre 2003)

Ce catalogue existe pourtant et un courrier daté du 18 juillet 1941 (1) envoyé par le musée à Jacques Viénot (archives familiales) atteste également de liens entre cet établissement et le président de Porza.

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Tags: Art(s)/Histoire(s)

12 mars 2010    Art(s)/Histoire(s)

Ferdinand Loyen du Puigaudeau (1864 – 1930), peintre du pays guérandais

Un intrus dans un blog consacré au design…

La récente exposition du musée des Beaux-arts de Nantes, « Fascinante Italie, de Manet à Picasso (1853-1917) », présentait deux oeuvres d’un artiste très peu connu, Ferdinand Loyen du Puigaudeau, auquel j’avais consacré une monographie dans le cadre mes études en histoire de l’art à l’université de Rennes 2. Le texte qui suit est un extrait (avec quelques petites modifications) d’un article publié par la revue Arts de l’Ouest (1983-2, Rennes : publication de l’université de Rennes 2, 1983.

A l’époque de cette étude, l’enquête bibliographique avait vite été limitée. Les rares écrits consacrés à cet artiste étaient sommaires et peu précis. Mais j’avais eu la chance de pouvoir rencontrer la fille du peintre, Odette du Puigaudeau (écrivain et anthropologue) qui vivait alors au Maroc, à Rabat et avec laquelle j’ai entretenu de longs échanges épistolaires. Cette rencontre m’avait permis de faire connaissance plusieurs années plus tard avec Monique Vérité, Conservateur à la Bibliothèque nationale et qui a publié plusieurs beaux ouvrages sur cette femme passionnante qu’était  Odette du Puigaudeau.

Il a fallu également partir à la recherche d’oeuvres dispersées dans des collections privées avec l’aide précieuse de commissaires-priseurs. La tâche a été facilitée par l’importante concentration des collections dans la région. Au total une centaine de tableaux avaient pu être identifiés pour cette étude.

Le contexte de la recherche s’inscrivait dans une démarche encouragée à l’université de Rennes 2 par Denise Delouche qui consistait à étudier une partie de l’histoire de la peinture en Bretagne restée en marge de l’art officiel, tant académique qu’avant-gardiste. Le cadre théorique était défini par une approche stylistique définissant la place de l’artiste dans ses rapports avec les mouvements artistiques de son temps, et plus particulièrement par rapport à l’avant-garde, et sa singularité au regard du contexte régional dans lequel il s’inscrivait.

Dans les années 80 la cote de Puigaudeau,  classé dans les petits maîtres de la peinture, a été soudainement en hausse et un catalogue raisonné lui a été consacré par le galeriste Antoine Laurentin (édition Thierry Salvador, 1989).

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