Design et Histoires

Le blog de Jocelyne Leboeuf

29 août 2012    Design(s)/Histoire(s)

De la culture design en France

Dans un article récent paru dans la revue Design Issues (1), Stéphane Laurent, historien de l’art et du design, porte une critique sévère sur les expositions en France dans le domaine des arts décoratifs, des arts appliqués et du design. Il fait référence aux expositions prestigieuses en Angleterre, Allemagne, Scandinavie, Etats-Unis… pour mieux souligner le déficit français en ce domaine :

Except for some specialized exhibitions here and there (e.g., at the Musee d’Orsay in small rooms, at the Galliera museum for fashion only, and at the museum of Decorative Arts), often without substantial catalogues, France has been quite removed from such outcome. In fact, in France we are still eager to explain design, while our neighbors are exploring and developing all of its refined and elaboreted facets. To illustrate, the intention for the exhibition on Patrick Jouin was to demonstrate to the public what industrial design is, using the personal itinerary of the creator ; in 2008, the exhibition titled « Design Versus Design » at the Grand Palais (…) aimed to provide a panorama of creative furniture, at the Musee du Luxembourg in 2010, one could find only a poor presentation on Tiffany, despite the various informative and consistent aspects that might have been explored in the work of the famous glass designer and entrepreneur.

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16 octobre 2011    Design(s)/Histoire(s)

Esthétique industrielle : l’économique et le social

Dans un précédent article, Design industriel et économie des moyens, nous évoquions la pensée de Georges Combet, Président de Gaz de France et  personnalité très active au sein de l’Institut d’Esthétique industrielle au début des années 1950 (1). Nous montrions comment cette approche, établissant une convergence entre optimisation économique et rationalisation esthétique (Beauté utile), s’inscrivait dans la pensée scientifique et philosophique du XIXe siècle et, avec un bel optimisme, se revendiquait comme « remède efficace contre cette sorte d’éblouissement (…) où nous induit la toute puissance de l’industrie moderne ».

Georges Combet fut, avec un certain nombre d’autres figures de l’Institut d’Esthétique industrielle, un des membres de la commission réunie autour de Jacques Viénot pour établir les bases de la Charte de l’Esthétique industrielle présentée lors du Congrès de l’Esthétique industrielle à Paris en 1953. La volonté de faire converger économie, esthétique et éthique suscita nombre de débats et certains points de la Charte furent violemment critiqués par l’architecte André Hermant, qui avait été vice-président de l’UAM (Union des Artistes Modernes) et fondateur en 1949 de Formes Utiles. La morale sous-jacente au fonctionnalisme, partagée par Formes Utiles et l’Institut d’Esthétique industrielle, induisait une méfiance par rapport à toute forme d’inféodation à la rentabilité commerciale. Cette méfiance se traduisait en particulier par un rejet de la mode associée au factice et à l’obsolescence programmée des produits. Mais André Hermant estimait que la Charte trahissait cette morale. Parmi les différents entre les protagonistes (1), un des dangers soulignés par l’architecte était le risque de « priver les formes du monde industriel des qualités qui furent toujours celles de la production artisanale, celles qui assurent l’équilibre et la continuité de l’homme avec le monde naturel » (2).

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