Design et Histoires

Le blog de Jocelyne Leboeuf

25 juillet 2014    Design(s)/Histoire(s)

En hommage à Jacques Inguenaud

J’ai eu la chance de faire la connaissance de Jacques Inguenaud il y a quelques années et de recueillir son témoignage de designer industriel. Ayant mené des recherches sur la période de l’Esthétique industrielle et en particulier sur le premier Cours Supérieur d’Esthétique Industrielle créé par Jacques Viénot, j’avais demandé à Jacques qui avait fait partie des premiers étudiants de Viénot s’il accepterait de répondre à quelques questions. Il avait accepté avec beaucoup de gentillesse cet exercice de mémoire, objet d’une correspondance écrite en novembre 2011.

Jacques Inguenaud, créateur d’E.N.F.I. (Esthétique Nouvelle de le Forme Industrielle) en 1961, nous retrace à travers cet entretien l’aventure d’un enseignement  novateur, à l’origine des écoles de design.

Il y exprime ces valeurs attachées au travail collectif  qui ont été la marque de sa carrière.

Lors de nos entretiens, j’avais pu constater à quel point il était toujours aussi enthousiaste pour ce métier, défendu avec passion et générosité.

Je remercie sa compagne, Catherine Hardouin, de m’avoir autorisée à publier ces échanges.

[Read more →]

[ Lire → ]

Tags: Design(s)/Histoire(s)

12 novembre 2011    Design(s)/Histoire(s)

Enseignement de l’esthétique industrielle – Le cours Viénot

Cet article se situe dans la prolongation des articles précédents de ce blog, abordant les aspects idéologiques et théoriques de l’Esthétique industrielle dans la France des années 1950, à partir des comptes-rendus d’allocutions présentées par des membres de l’Institut d’Esthétique industrielle au Congrès de Paris, 1953 (1).

Dans l’article « Design industriel et économie de moyens », Georges Combet, Président de Gaz de France, défendait le nouveau rôle du styliste industriel qui « n’est plus une sorte de super-artisan (…) mais « travaille aujourd’hui en équipe et collabore avec des ingénieurs, formés à d’autres disciplines ». La rationalisation esthétique (qui est une des voies du fonctionnalisme) et la pertinence économique y étaient défendues au nom de règles universelles, « obtention du meilleur résultat avec de moindres moyens ». Cette pensée récurrente de notre modernité industrielle, adaptée à la logique de production en série, trouvait ainsi ses lettres de noblesse dans un ancrage historique et un mode d’explication qui transcende l’histoire elle-même (2). Mais rien ne devait pour autant être figé. La règle pouvait parfaitement s’adapter à une diversification envisagée pour l’avenir : « Rien n’empêche (…) que nous ayons chacun demain notre automobile, dont la carrosserie, fabriquée à la chaîne et cependant adaptée à notre goût personnel, portera des signes d’identification plus aimables et plus variés qu’un simple numéro de police ». Voilà donc qui anticipe sur les évolutions techniques et économiques de la société de consommation. Georges Combet prenait les devants par rapport à la question de la mode, jugée superficielle et honnie des fonctionnalistes. Un principe ordonnateur était là pour empêcher les dérives…Il était aussi un garde-fou contre la fascination dangereuse que pourrait exercer la technique.

Dans l’article suivant, « Esthétique industrielle, l’économique et le social », nous montrions comment les protagonistes de l’Esthétique industrielle (en particulier le sociologue Georges Friedmann), rompaient avec la tradition des Arts and Crafts, entérinant la séparation entre celui qui conçoit et celui qui fabrique. La dimension humaine de l’artisanat était ré-instaurée dans la possibilité offerte par cette nouvelle discipline industrielle, de restituer au plus grand nombre les fruits de la pensée créatrice.

Ces développements de l’Esthétique industrielle nécessitaient la mise en oeuvre d’un enseignement spécifique, détaché des enseignements traditionnels des arts appliqués (3). Celui-ci fut défendu par Louis Longchambon, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy et Président de l’Institut d’Esthétique industrielle, au Congrès international de l’Esthétique industrielle, Paris, 1953. C’est cet autre aspect des questions traitées lors du Congrès de 1953 que nous proposons de suivre et de re-situer dans le contexte d’un enseignement qui aura bien du mal à trouver sa place en France.

[Read more →]

[ Lire → ]

Tags: Design(s)/Histoire(s)