Design et Histoires

Le blog de Jocelyne Leboeuf

8 janvier 2016    Design(s)

Co-design en mode Minor Activism

A partir de deux études de cas, Lenskjold T.U., Olander S., Halse J. (2015) nous font partager une approche de co-design ancrée dans une démarche de design critique et engagée dans des processus de participation plutôt que de persuasion, ce qu’ils nomment Minor Design Activism (1). Depuis les notions de design participatif des années 70 en Scandinavie jusqu’à notre époque, différentes formes de co-design sont apparues. Les cas démontrés dans cette étude s’inscrivent dans le contexte de politiques publiques et développent des méthodes issues des recherches menées à la Royal Danish Academy of Fine Arts, School of Design, dans une approche intrinsèque au processus de design lui-même, plutôt que reliée à des fins politiques définies a priori.

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30 janvier 2015    Design(s)

Innovation sociale et Design

Dans son article « Making Things Happen : Social Innovation and Design »(1), Ezio Manzini donne des exemples d’innovation sociale menée par des non designers, en soulignant que leur démarche innovante, en rupture avec les modèles dominants, leur confère de fait un statut de designer. En parlant de Franco Basaglia, grande figure de la psychiatrie alternative et Carlo Petrini, fondateur du mouvement international Slow Food, il qualifie leur démarche de stratégie de design définie par trois types d’actions interdépendantes :

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23 juillet 2014    Design(s)

Mutations urbaines, « Arts de faire »

Michel de Certeau parlait de « l’oeil totalisant » pour qualifier l’utopie de visibilité globale, cohérente, maîtrisée, à laquelle renvoient les premières représentations de villes en perspective. Au Moyen-Age et à la Renaissance, les peintres inventèrent le « survol de la ville » par « un oeil qui pourtant n’avait encore jamais existé » (1) :

L’atopie-utopie du savoir optique porte depuis longtemps le projet de surmonter et d’articuler les contradictions nées du rassemblement urbain. Il s’agit de gérer un accroissement de la collection ou accumulation urbaine.

« L’oeil totalisant » de la représentation renvoie au mythe de la ville théorique rationnelle, portée par les projets urbanistiques de la modernité, mais

Le dieu voyeur que crée cette fiction (…) doit s’excepter de l’obscur entrelacs des conduites journalières et s’en faire l’étranger. C’est « en bas » au contraire (down), à partir des seuils où cesse la visibilité, que vivent les pratiquants ordinaires de la ville. Forme élémentaire de cette expérience, ils sont des marcheurs, Wandersmänner, dont le corps obéit aux pleins et aux déliés d’un « texte » urbain qu’ils écrivent sans pouvoir le lire.

Et ce qui intéresse en effet Michel de Certeau, c’est justement tout ce qui d’une certaine manière, échappe à « l’espace « géométrique » ou « géographique » des constructions visuelles, panoptiques ou théoriques ». Il s’agit de sortir de « la ville planifiée et lisible », discours utopique qui repose sur l’idée de la possibilité « d’une triple opération : production d’un espace propre, substitution d’un non temps, création d’un sujet universel et anonyme qui est la ville elle-même ».

Il n’était pas encore question de « ville intelligente », mais la réflexion de Michel de certeau reste fructueuse pour penser les formes de projet désignés par cette nouvelle expression.

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